Les
pays de l'Union européenne se sont encore disputés vendredi soir sur la Turquie, un sujet récurrent de polémique, lors des travaux de préparation de la réunion lundi des ministres des Affaires
étrangères, selon plusieurs diplomates européens.
Les représentants des 27 essayaient de finaliser un texte résumant les progrès réalisés par les pays qui s'inscrivent dans la stratégie d'élargissement de l'UE - qu'ils soient déjà officiellement
candidats à une adhésion comme la Turquie ou la Croatie, ou moins avancés comme la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine ou l'Albanie.
Dans une première version du texte, le Portugal, président en exercice de l'UE, rappelait que cette stratégie avait pour objectif l'adhésion de ces pays à l'UE.
Mais pour la France - dont le président Nicolas Sarkozy estime que la Turquie n'a "pas sa place" dans l'UE - ce rappel était inacceptable, ont indiqué plusieurs sources diplomatiques.
Le Portugal est revenu avec un texte abandonnant cette référence. Mais cette fois c'est la Suède, particulièrement favorable à l'élargissement qui s'en est offensée, avec le soutien notamment des
Britanniques.
A défaut de souligner l'objectif d'adhésion, la Suède souhaitait que le mot "adhésion" apparaisse via une référence aux "conférences d'adhésion" prévues avec la Turquie et la Croatie avant fin
décembre.
Ces conférences, qui nécessitent l'accord unanime des 27, permettent l'ouverture progressive des 35 chapitres thématiques qui jalonnent le difficile processus d'adhésion.
Mais la France a refusé le terme de "conférence d'adhésion".
Sans vouloir bloquer l'ouverture prévue de deux nouveaux chapitres avec la Turquie d'ici fin décembre, elle a expliqué qu'elle n'accepterait que l'appellation "conférence intergouvernementale".
Dans les deux camps, on déplorait qu'une fois de plus une discussion autour de la Turquie ait tourné au bras-de-fer, tout en reprochant à l'autre d'en être responsable...
Une source diplomatique a cependant souligné que cette dispute était à replacer dans son contexte: la recherche d'un "équilibre" dans la préparation des textes qui seront soumis à l'approbation
des dirigeants européens au sommet du 14 décembre à Bruxelles.
Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient entre autres lancer un "groupe de réflexion" sur l'avenir de l'Europe à l'horizon 2020-2030, une idée avancée par M. Sarkozy qui voulait précisément
qu'on y débatte d'une éventuelle entrée de la Turquie dans l'UE.
Devant les réserves de nombreux responsables européens, le mandat de ce groupe a été élargi, pour aborder non seulement l'avenir d'une région européenne "plus large" mais aussi le modèle
économique européen, le réchauffement climatique ou la lutte anti-terroriste.
Vu le désaccord vendredi, le texte sur l'élargissement devrait être à nouveau débattu lundi par les ministres des Affaires étrangères.
Faute de compromis, l'ouverture des chapitres avec la Turquie, voire avec la Croatie, pourrait être repoussée à 2008.
Source : AFP
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