Après avoir privilégié la
diplomatie, la Turquie a eu recours aux armes contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), samedi 1er décembre, en attaquant des bases des rebelles kurdes dans le nord de l'Irak.
L'état-major de l'armée turque évoque une opération ciblée d'envergure limitée. Des hélicoptères ont attaqué "à l'intérieur des frontières de l'Irak" un groupe "de 50 à 60
terroristes", leur infligeant de "lourdes pertes", précise l'armée.
"Si nécessaire, d'autres éléments de l'armée interviendront dans la région" , a ajouté l'état-major turc, samedi, faisant allusion à des troupes terrestres. L'incursion a toutefois été
dementie par le PKK et par des dirigeants kurdes irakiens. "Il n'y a pas d'affrontement avec l'armée turque", a assuré un responsable anonyme du PKK à l'agence AFP. Une position
également défendue par le porte-parole de Massoud Barzani, un dirigeant kurde irakien. L'armée américaine à Bagdad a indiqué de son côté ne disposer "d'absolument aucune information" sur
une incursion.
LES FORCES SPÉCIALES TURQUES SUR LE TERRITOIRE IRAKIEN
Cette opération militaire, qualifiée de "puissante" par l'état-major, a eu lieu au sud-est de la province turque de Hakkari, près de la frontière. Elle intervient au lendemain d'un
discours dans lequel le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, affirmait avoir autorisé l'armée à réaliser des opérations militaires transfrontalières sans avoir à obtenir de nouvelles
autorisations des dirigeants politiques. "Nous allons désormais observer et suivre le déroulement des événements", avait-t-il déclaré.
Selon un responsable militaire cité par Reuters, une centaine de membres des forces spéciales turcs ont également participé à cette opération, avant de regagner le territoire turc. La chaîne de
télévision NTV croit pour sa part savoir que l'armée a utilisé des hélicoptères et des pièces d'artillerie pour mener sa première incursion en territoire étranger depuis de nombreuses
années.
OPÉRATIONS MILITAIRES SANS AUTORISATIONS POLITIQUES
Depuis que le Parlement turc a autorisé, en octobre, le gouvernement à procéder à des incursions armées dans le nord de l'Irak contre les bases du PKK, Washington, Bruxelles et Bagdad tentent
d'éviter une intervention militaire qui pourrait déstabiliser le Kurdistan irakien. Le gouvernement irakien, ainsi que les autorités régionales kurdes, ont notamment promis de surveiller les
mouvements du PKK sur leur territoire.
De plus, un mécanisme de coordination militaire entre la Turquie, les Etats-Unis et le commandement central américain pour lutter contre le PKK a été lancé au début du mois de novembre. Ankara
dispose d'un contingent de 515 000 hommes, dont 100 000 sont toujours massés sur les 380 kilomètres de la frontière irakienne.
Source : Le monde
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