Une autre lecture...
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Le Gouvernement avait promit lors des élections qu'il entreprendrai de réformer la
Constitution de 1982, écrite suite au coup d'Etat militaire de 1980.
Après être élu, L'éminent professeur, membre de la commission de venise (http://www.venice.coe.int/site/main/presentation_F.asp?MenuL=F) , référence en matière constitutionnelle, avait été
responsabilisé. Ce dernier a déposé son projet auprès du parti du Développement et de la Justice (AK Parti), dirigé par l'actuel Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
Malheureusement, le travail de préparation, avant la présentation publique, est actuellement suspendu, et ce depuis plus d'un mois, du fait de l'actualité internationale et plus précisemment du
problème du terrorisme.
Je me demande parfois même si l'actualité n'est pas volontairement déjoué pour éviter le débat sur ce projet.
En effet, le projet constitutionnel a une importance considérable car il permettait d'envoyer un signal fort vers les militaires mais également vers la communauté internationale : le
message étant que désormais il existe une démocratie civile en Turquie.
Il permet également de régler différents problèmes importants notamment ceux qui sont relatifs aux libertés et au fonctionnement des institutions.
Autant vous dire que j'attends avec impatience la reprise de la procédure...
Successivement le Premier ministre
Recep Tayyip Erdogan et le Président de la République Abdullah Gül ont déclarés que l'opération militaire au nord de l'Irak serait exécutée.
Personnellement je suis contre cette opération pour plusieurs motivations.
La première est que cette opération n'est pas la solution miracle pour stopper les attaques meurtrières du terrorisme. En effet, il y a également des sympathisants du mouvement PKK à l'intérieur
même des frontières. Ainsi, il n'est pas rare de voir, entre autre, un commercant qui exerce son métier le jour et qui soutient par plusieurs formes les terroristes la nuit.
Deuxièmement, l'opération est commandée par les militaires et n'est donc pas le fruit d'une réflexion civile. Depuis le début, avant même les dernières attaques, l'armée à toujours voulu mettre
le nez en Irak. Dans la même perspective, elle voulait que la Turquie soit l'allié des Etats-Unis pour entreprendre la guerre en Irak. Or et fort heureusement, l'Assemblée Nationale turque a
opposée son veto sur le texte de loi autorisant la coopération active : ce qui avait déplu aux militaires, farouche défenseurs des intérêts américains.
Troisièmement, comme les Etats-Unis, les militaires turcs risquent de s'enfoncer dans le bourbier irakien. Je ne suis pas sûr que l'opinion publique turque risque de soutenir sur le moyen ou long
terme cette opération si les corps de nos militaires risquaient de revenir en Turquie par dizaine voir centaines. Une attaque meurtrière sur le sol turc serait encore plus embarassante pour les
autorités après l'opération. En effet, on aura compris que cette opération n'aura servi à rien mais que pire encore elle nous aura coûté encore plus chère.
Quatrièmement, on risque d'entrer dans un conflit régional plus important. En effet, on peut imaginer que Barzani, qui est la personne à la tête des peshmergas, risque d'entrer également dans le
conflit pour défendre ses terres. Dans cette hypothèse, la Turquie ne serait plus en conflit seulement avec le PKK mais également avec une armée. Pire, des bavures peuvent entraîner le
retournement de situation et opposer l'armée turque à l'armée américaine.
Cinquièmement, l'opération au nord de l'Irak n'est pas une solution car il suffit que la stratégie de l'armée turque change à l'intérieur pour éviter les attaques meurtrières des terroristes
du PKK. En effet, les soldats turcs qui meurent sont ceux qui, sans expérience, sont envoyés dans l'Est de la Turquie. Ces soldats, après seulement cinq mois d'entraînement, sont énvoyés sur
le front. On sait que les unités spéciales sont plus efficaces. En effet, ce sont des professionnels et on sait que le PKK les craignent. Par contre, l'armée n'en fait pas usage régulièrement.
Pourquoi? La question est importante mais l'armée est intouchable et on ne peut demander de rendre des comptes.
A mon sens, l'armée est le plus gros sujet tabou en Turquie.
Voici comment était intitulé un article évoquant les relations entre la France et
l'organisation terroriste du PKK dans le quotidien Zaman.
Le journaliste Ali Ihsan Aydin affirme qu'en raison d'une décision politique prise en 1998, la France refuserai de transférer des hauts responsables du PKK qui résident en France. Il ajoute que
cette décision était motivée par la présence de la peine de mort (rappel : la peine de mort a été abolie par la suite mais il faut souligner que cette peine n'a pas été appliquée depuis les 20
dernières années), la présence de la torture et la violation des droits de l'homme. On peut comprendre la sensibilité de la France à cette époque.
En février dernier, vous allez vous en rappeler, Riza Altun, Nedim Seven et Canan Kurtyilmaz avait été placés en garde à vue. Parmi les accusations, on les avait reproché de blanchir de l'argent
qui servait au financement du PKK. Il semblerait que c'est en application de la décision de 1998, prise sous le gouvernement dirigé par Lionel Jospin, que la France n'ait pas rendu ces criminels
à la Turquie.
Cependant, cette décision n'est pas compréhensible car depuis la Turquie a ratifié, le 1er décembre 2003, le protocole n°6 à la convention européenne des droits de l'homme qui renforce
l'abolition de la peine de mort. L'article 2 de ce protocole dispose que "un Etat peut prévoir dans sa législation la peine de mort pour des actes commis en temps de guerre ou de danger
imminent de guerre ; une telle peine ne sera appliquée que dans les cas prévus par cette législation et conformément à ses dispositions".
J'ajoute qu'alors bien même que la Turquie détienne le chef du PKK, Abdullah Öcalan, (capturé en février 1999) elle a montré à la communauté internationale sa maturité en lui faisant le bénéfice
de l'abolition de la peine de mort. Il est aujourd'hui condamné à la perpétuité.
Pour en revenir en France, alors que le procureur de la République avait demandé la mise en détention en attente du procès, des 3 criminels, le Tribunal de Paris a statué différemment et a permit
leur libération. Malheureusement, aujourd'hui deux de ces personnes se sont enfuis. L'un est aujourd'hui au nord de l'Irak.
Drôle de paradoxe, alors que le ministre français des affaires étrangères condamne les attentats du PKK et reconnait ce dernier comme une organisation terroriste, le ministère de la justice,
refuse de rendre des hauts responsables et permet par ainsi, à l'instar de la Belgique, de laisser filer ces assassins. Je rappelle que le PKK est également impliqué dans les affaires
d'importations de drogues en France.
Même si le journaliste affirme modérement que la France semble changé de position, je reste dubitatif et attend de voir des mesures concrètes.
Selon le quotidien turc Zaman, un des plus
importants médias en Allemagne, la revue Der Spiegel, vient de publier l'avis d'un spécialiste de la question kurde qu'est Hans Kresh.
Ce n'est pas la première fois que les médias français
produisent de la désinformation par rapport à la Turquie.
Alors que les tensions sont très ressenties en Turquie, les médias continuent, avec une hypocrisie totale, de qualifier les terroristes du PKK comme
des rebelles.
Vous imaginez si demain la Turquie qualifie les terroristes d'AL-Quaïda comme des rebelles musulmans? Sincérement quelles seraient les conséquences? Ne vous diriez vous pas que c'est inacceptable
alors bien même que ces derniers ont provoqué la mort de milliers de personnes?
Je vous retourne la question : jusqu'aujourd'hui le PKK a fait, tenez vous bien, 37 000 victimes en Turquie aussi bien parmi les turcs que parmi les KURDES.
Abdullah Öcalan, qui est le chef de ce mouvement terroriste, est montré comme un leader emprisonné pour ses idées politiques. Personne ne rappelle à l'opinion publique française que les
mains de ce dernier sont entachées du sang de plusieurs enfants innocents.
Quel est cette hypocrisie des médias? D'un côté il écrivent que le PKK est considéré comme un mouvement terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne et de l'autre ils n'appliquent pas
cette règle?
Ne vivons nous pas dans l'Union Européenne?
Le PKK n'a jamais représenté les kurdes de Turquie et il ne pourra jamais le faire. Les kurdes de Turquie ne demande pas d'indépendance, ils demandent uniquement, à l'instar de
tous les turcs, plus de démocratie. Les turcs et les kurdes ont toujours vécu dans un esprit fraternel.
J'ai honte des journalistes français qui essayent de légitimer ces tueries. Pourquoi est-ce que les journalistes ne vont pas faire de reportages chez les familles KURDES qui ont perdus leurs
fils étant à l'armée et tué par des terroristes du PKK qui se cachent facilement et lâchement de l'autre côté de la frontière.
Un acte de tuerie reste un crime quelquesoit la nationalité. Un terroriste reste un terroriste quelquesoit ses revendications.
Nicolas Sarkozy a assuré lundi soir que "l'islam de France avance", à la Grande mosquée de Paris où il était venu pour la rupture du jeûne du ramadan (Iftar).
Premier président de la République à participer à l'Iftar, le chef de l'Etat a été accueilli par Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée (Vème arrondissement) et président du Conseil français du Culte Musulman (CFCM).
"L'islam de France avance", a lancé M. Sarkozy. "Je serai à vos côtés pour défendre vos droits. Je vous demande d'être à mes côtés pour exercer vos devoirs".
Accompagné de la secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara, il s'est dit "heureux" qu'elle soit ici. "C'est important pour moi que Fadela soit membre du gouvernement, comme Rachida Dati en tant que Garde des sceaux".
M. Sarkozy a observé que "même au gouvernement, certains s'obligent à ce jeûne" du Ramadan.
"Cette proximité illustre, du sommet à la base de notre société, la place de l'islam comme composante intime de notre pays", a-t-il commenté. "N'en déplaise à quelques uns que je combats, l'islam, c'est aussi la France".
"Je n'ai pas trahi l'engagement qui était le mien: donner toute sa force à l'islam de France et combattre de toutes mes forces les extrémismes. Les deux vont de pair", a-t-il dit.
M. Sarkozy a salué au passage l'initiative de l'Institut catholique de Paris "qui forme des imams aux valeurs de la République et de la laïcité. C'est un beau message".
"Cette situation de paix que vit notre pays, certains extrémistes voudraient y mettre un terme", a relevé le président. "Ceux qui tuent au nom de l'islam et voudraient nous précipiter dans une guerre de religions à l'échelle mondiale salissent l'islam en parlant en son nom".
"Ceux qui veulent la violence au nom de l'islam, la détestation de l'autre au nom de l'islam, n'ont rien à faire sur le sol de la République française", a insisté le chef de l'Etat.
"Ceux qui veulent vivre leur foi dans le respect des principes de l'islam, dans le respect de la laïcité de la République, sont les bienvenus sur le territoire de la République", a-t-il poursuivi.
Evoquant le CFCM, dont il a voulu et piloté la création alors qu'il était ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy l'a qualifié de "manifestation institutionnelle permettant à l'islam d'accéder à cette juste place que vous revendiquez. Le CFCM est un facteur d'intégration et d'apaisement".
"Si le CFCM n'existait plus, s'il perdait de sa légitimité, ce serait tous les musulmans, et d'abord les responsables que vous êtes, qui en pâtiraient et cela d'autant plus que l'installation de
l'islam dans les sociétés occidentales est une affaire complexe pour des raisons à la fois internes et internationales", a encore déclaré le chef de l'Etat.
Source AFP
Je viens de (re)lire deux
beaux livres de Marcel Pagnol : la gloire de mon père et le château de ma mère.
Tout en appréciant les qualités d'écriture de l'auteur, j'ai pu découvrir des conseils très précieux d'éducation des enfants.
En effet, étant une auto-biographie de son enfance, on constate les réflexions que peut avoir un enfant (les stratégies, la volonté de fuguer, l'admiration du père, l'amour de la mère...).
De plus, à travers les lignes, l'auteur ajoute des conseils précieux pour la vie.
Enfin, la notion de famille y ressort très fortement.
A lire et à relire...
Je viens de lire un reportage très intéressant du professeur
Halaçoglu (président de l'institut de l'histoire turque) sur le site internet du quotidien turc Zaman.
Il se prononce en faveur de la création d'un institut dont la mission serait de faire des recherches sur les kurdes.
Je trouve cette proposition très intéressante car elle pourrait apporter une dimension intellectuelle quant à la politique vis à vis des kurdes.
Le professeur Halaçoglu avait déjà fait cette proposition en 1988. Cependant, il souligne que la volonté politique doit rendre effectif cette structure.
Bien qu'il est encore réitéré cette proposition auprès du Gouvernement Erdogan et que ce dernier lui ai donné le feu vert, cet institut n'a toujours pas été créé faute de loi.
Je reste optimiste sur la question et espère que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan fera le nécessaire lors de cette nouvelle législature.
Enfin , je me réjouit sur la pétillance des débats intellectuels en Turquie et espère qu'elle fera gagner le temps perdu ; ainsi ce sujet ne sera plus un outil politique exploité par le PKK
terroriste et ses représentants officiels, à la Grande Assemblée Nationale de Turquie, soit le DTP (parti soit disant pro-kurde).
Pour les personnes intéressées de lire le reportage (en turc) voici le lien
http://www.zaman.com.tr/webapp-tr/haber.do?haberno=583130
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